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« La région Asie-Pacifique est le berceau des deux tiers de la population mondiale souffrant de la faim »

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Adnan Quereshi à Bangkok le 16 novembre 2014.

Adnan Quereshi à Bangkok le 16 novembre 2014.

Dans un hôtel de Bangkok, Adnan Quereshi, un fonctionnaire de l’Organisation des Nations Unies pour l’Alimentation et l’Agriculture (Food and Agriculture Organization), a accepté de répondre aux questions du Télégraphe Juridique.

Pouvez-vous nous expliquer en quoi consiste votre travail ?

Je suis le Responsable Administratif du bureau régional Asie-Pacifique de l’Organisation des Nations Unies pour l’Alimentation et l’Agriculture (FAO). La FAO est la plus grande agence spécialisée des Nations Unies avec un budget d’1 milliard de dollars. Les États membres de la FAO ont identifié trois buts principaux. Le premier est l’accès pour toute personne, à tout moment, à une alimentation saine et équilibrée, tout en assurant que le nombre de personnes mal nourries soit réduit de moitié d’ici à 2015. Le deuxième est l’aide au progrès économique et social et au bien être de tous à travers une agriculture durable et un développement rural. Enfin, le dernier est la conservation, l’amélioration et l’utilisation durable des ressources naturelles.

Pourquoi est-il intéressant d’exercer ce métier dans cette partie du monde ?

Le poste que j’occupe tente de soutenir le travail technique que la FAO effectue pour notre mission au sein de la région Asie-Pacifique. Mon bureau est le deuxième plus grand bureau régional. Nous travaillons avec 44 pays depuis notre base à Bangkok. C’est d’ailleurs très stimulant et important de s’assurer que nous travaillons de manière effective et efficace. Aujourd’hui, le monde produit assez de nourriture pour les demandes de chacun. Cependant, sur la planète, il y a quasiment 868 millions de personnes mal nourries. Parmi eux, 852 millions de personnes, soit 1 personnes sur 8, souffrent de faim chronique. De plus, même si la proportion de personnes qui souffrent de faim chronique est la plus élevée en Afrique Sub-Saharienne, soit une personne sur quatre, la région Asie-Pacifique enregistre le nombre le plus haut de mal nourris avec 536 millions de personnes, soit 62% de la population mal nourrie dans le monde. Donc, cette région est le berceau des deux tiers de la population mondiale souffrant de la faim, nonobstant sa croissance économique remarquable. Malheureusement, cette croissance ne contribue pas au soulagement de ce mal. Cela est le résultat d’une redistribution inéquitable des bénéfices, augmentant la disparité et l’inégalité. C’est la raison pour laquelle je travaille dans cette région.

Quelles sont actuellement les principaux enjeux de votre travail ?

Il y en a beaucoup. Sous un angle purement administratif, il est important de s’assurer que chaque dollar investi par les États membres soit valorisé. Cependant, ce n’est pas suffisant de dire ça, il faut aussi le démontrer. En conséquence, la transparence est fondamentale afin de montrer que la FAO – et le système multilatéral en général – est un partenaire fiable. Cette organisation garantit la meilleure plus-value pour les investisseurs.

Dans un contexte général, les enjeux en la matière ne concernent pas uniquement la FAO. Nous vivons dans un monde où l’injustice sociale est très répandue ; où le droit fondamental de l’accès à l’alimentation pour tous est ignoré et méprisé. L’écart social est aggravé par la prévision que la population passera de 7 milliards actuels à 9,2 milliards d’ici à 2050. Ainsi, le monde a besoin de plus de nourriture pour cette population croissante. Cependant, il faut atteindre ce but malgré des restrictions importantes comme la stagnation de l’expansion de la terre fertile, un épuisement grandissant des ressources en eau, le déclin de la productivité causé par un manque d’investissements dans le secteur agricole dans ces dernières années, et tout un tas de choses incertaines comme le prix croissant du pétrole ou encore l’impact négatif du changement climatique.

Toutefois, la FAO travaille dur et unie avec ses partenaires. Et, de plus, elle est censée aider les Pays à atteindre le « Millenium Development Goal » en 2015 (NDLR : l’objectif que l’ONU s’est fixé pour éradiquer l’extrême pauvreté et la faim dans le monde).

Voilà certains enjeux auxquels je fais face, auxquels l’Organisation fait face, auxquels le monde fait face.

Propos recueillis par Matilde Attemi



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